twilightnews

CHAPITRE 9++partie 2

Ce n'était pas une bonne nuit pour leur petite balade.
- Comment savais-tu où... La question interrompue de Bella me coupa, et je
m'aperçut que j'avais encore fait une gaffe. J'avais été trop distrait pour lui
demander où elle était supposée rencontrer ses amies.
Mais au lieu de conduire un interrogatoire en insistant sur ce point, Bella
hocha simplement la tête en souriant à moitié.
Qu'est-ce-que ça voulait dire?
Eh bien je n'avais pas le temps de m'interroger sur son acceptation bizarre
de mon intuition encore plus bizarre. J'ouvrai la porte.
- Où vas-tu ?, demanda-t-elle, alarmée.
Je te garde bien en vue. Je ne veux pas que tu sois seule ce soir. Dans cet
ordre.
- Je t'emmène dîner.
Eh bien, ça allait être intéressant. Ca ne semblait plus être la même nuit
que celle imaginée où j'emmenai Alice avec moi, prétextant me retrouver
dans le même restaurant que Bella et ses amies par hasard. Et maintenant,
j'avais pratiquement rendez-vous avec elle. Mais ça ne comptait pas, parce
que je ne lui laissait aucune chance de dire non.
Elle avait déjà sa portière à moitié ouverte - ça n'avait jamais été aussi
frustrant d'avoir à marcher à une vitesse normale - au lieu d'attendre que je
l'ouvre pour elle. Etait-ce parce qu'elle n'avait pas l'habitude d'être traitée
comme une femme, ou parce qu'elle pensait que je n'étais pas un gentleman ?
J'attendis qu'elle me rejoigne, de plus en plus anxieux alors que les filles
continuaient vers les ruelles sombres.
- Va prévenir Jessica et Angela avant que je doive les sauver elles aussi,
ordonnais-je rapidement. Je ne suis pas certain que j'arriverai à me retenir si je
tombe une nouvelle fois sur tes potes. Non, je ne serais pas assez fort pour ça.
Elle trembla légèrement puis se ressaisit. Elle fit un pas dans leur direction
puis cria "Jess ! Angela !" . Elle leur fit un grand signe lorsqu'elles se
tournèrent, essayant de capter leur attention.
Bella! Oh, elle va bien!, pensa Angela, soulagée.
Légèrement en retard non ?, protesta Jessica, mais elle aussi semblait
heureuse que Bella ne se fut pas perdue ou blessée. Je l'appréciais déjà plus.
Elle se dépêchèrent de rejoindre Bella, puis s'arrêtèrent net, presque
choquées en me voyant à ses côtés.
Uh-uh !, pensa Jessica, étonnée. Pas possible !
Edward Cullen ? Est-ce qu'elle est partie de son côté pour le retrouver ?
Mais pourquoi aurait-elle posé des questions sur le fait qu'il soit parti si elle
savait qu'il était là... J'eus un bref flash de l'expression mortifiée de Bella
lorsque Angela lui avait appris que ma famille était souvent absente du lycée.
Non, elle ne pouvait pas savoir.
Les pensées de Jessica passaient de la surprise à la suspicion. Bella m'a
caché ça.
- Où étais-tu passée ?, demanda-t-elle, fixant Bella, en me jetant des coups
d'oeil.
- Je me suis perdue, et puis j'ai rencontré Edward, dit Bella, en me
montrant du doigt. Son ton était remarquablement calme. Comme si c'était
réellement tout ce qui c'était passé.
Elle devait être sous le choc. C'était la seule explication rationnelle.
- Ca vous dérange, si je me joins à vous ?, demandais-je - pour être poli. Je
savais qu'elles avaient déjà mangé.
Oh mon Dieu, qu'est ce qu'il est beau ! pensa Jessica, sa tête soudainement
confuse.
Angela n'était pas plus rationnelle. Nous n'aurions pas du manger. Wow.
Juste. Wow.
Pourquoi ne pouvais-je pas faire cet effet là à Bella ?
- Euh... bien sûr que non, acquiesça Jessica.
Angela fronça les sourcils. - En fait, Bella, nous avons dîné en t'attendant,
admit-elle.
Quoi ? La ferme !, protestait Jessica intérieurement.
Bella haussa légèrement les épaules. Tellement sereine. Définitivement
sous le choc. - C'est très bien comme ça. Je n'ai pas faim.
- Je crois que tu devrais manger un morceau, m'opposai-je. Elle avait
besoin d'un peu de sucre dans le sang, même s'il sentait déjà assez bon, je
frémis. L'horreur allait s'abattre sur elle d'un moment à l'autre, et avoir
l'estomac vide ne l'aiderait pas. Elle s'évanouissait facilement, je le savais par
expérience.
Les filles ne seraient pas en danger si elles rentraient directement à la
maison. Elles, le danger ne les suivaient pas comme leur ombre.
Et je préférai être seul avec Bella - tant que c'est ce qu'elle voulait aussi.
- Ca vous ennuie si je ramène Bella plus tard ? demandai-je à Jessica avant
que Bella ne puisse répondre. Comme ça, vous n'aurez pas à attendre qu'elle
ait fini son repas.
- Euh... non. Jessica jeta un long regard à Bella, cherchant à savoir si c'était
ce qu'elle voulait.
J'aimerai rester... mais elle le veux probablement pour elle seule. Qui ne le
voudrait pas ? pensa Jess. Au même moment elle regardait Bella lui faire un
clin d'oeil.
Bella, un clin d'oeil ?
- D'accord, dit Angela, cherchant à s'éclipser rapidement puisque ce devait
être ce que Bella voulait. Et c'était le cas. A demain, Bella... Edward. Elle
lutta pour prononcer mon nom normalement. Puis elle attrapa la main de
Jessica et commença à la tirer en arrière.
Je devrai trouver un moyen de remercier Angela.
La voiture de Jessica était tout près, sous les spots d'un lampadaire.
Bella les suivit prudemment du regard, un petite ride d'anxiété entre les yeux,
jusqu'à ce qu'elles soient dans la voiture, donc elle devait être consciente du
danger qu'elle avait courut. Jessica lui fait au revoir de la main, et s'en alla, et
Bella lui rendit son geste. Ce ne fut qu'une fois la voiture disparue qu'elle prit
une profonde inspiration et se tourna pour me regarder.
- Franchement, je n'ai pas faim, dit-elle.
Pourquoi avait-elle attendu qu'elles soient parties pour le le dire ? Voulaitelle
vraiment être seule avec moi - même maintenant, ayant constaté ma furie
meurtrière ?
Que ce soit le cas ou pas, elle allait manger quelque chose.
- Fais-moi plaisir, dis-je.
Je tenais la porte du restaurant pour elle, attendant.
Elle souffla et entra.
Je marchai derrière elle vers les serveurs. Bella semblait toujours maîtresse
d'elle même. Je voulais toucher sa main, son front, vérifier sa température.
Mais ma main glacée la repousserait, comme auparavant.
Oh mon Dieu, la voix de l'hôtesse extrêmement forte fit intrusion dans mon
inconscient. Mon Dieu mon Dieu.
Ca semblait être ma nuit pour tourner les têtes. Ou est-ce-que je m'en
rendais compte parce que je voulais faire le même effet à Bella. Nous étions
toujours très attrayants pour nos proies. Je n'y avais jamais autant pensé
auparavant. D'habitude - sauf avec des personnes telles que Shelly Cope ou
Jessica Stanley, qui semblaient imperméables à l'horreur - la peur s'installait
juste après la première réaction.
- Nous sommes deux, lançais-je puisque l'hôtesse ne parlait pas.
- Oh, euh, oui. Bienvenue à La Bella Italia. Hmm ! Quelle voix ! S'il vous
plaît, suivez moi. Ses pensées étaient préoccupées, calculatrices.
Peut-être que c'est son cousin. Elle ne pourrait pas être sa soeur, il ne se
ressemblent vraiment pas du tout. Mais de la famille. Il ne peux pas être avec
elle.
Les yeux humains étaient flous, ils ne voyaient rien clairement. Comment
est-ce-qu'une femme à l'esprit si étriqué pouvait trouver mes qualités
physiques - mes pièges à proies - attractives, et pourtant sembler incapable de
voir la douce perfection de la fille à côté de moi ?
Eh bien, pas besoin de l'aider, juste au cas où ils seraient ensemble, pensa
l'hôtesse nous emmenant vers une table familiale en plein milieu du restaurant
bondé. Est-ce-que je peux lui donner mon numéro pendant qu'elle est là... ?
Je tirai un billet du fond de ma poche. Les gens étaient invariablement
coopératifs dés qu'il s'agissait d'argent.
Bella était déjà en train de s'asseoir sans la moindre objection, je lui fit non
de la tête, elle hésita, penchant la tête de curiosité. Oui, elle allait être très
curieuse ce soir. Une foule n'était pas le meilleur endroit pour une
conversation.
- Vous n'avez rien de plus intime ?, lançais-je à l'hôtesse, lui tendant
l'argent. Ses yeux s'ouvrirent sous l'effet de la surprise, puis se plissèrent
tandis qu'elle enroulait sa main autour du pourboire.
- Bien sûr.
Elle jeta un regard au billet en nous accompagnant dans un coin isolé.
Cinquante dollars pour changer de table ? Il est riche aussi. Evidemment -
je paris que sa veste coûte plus cher que mon dernier bulletin de paye. Merde.
Pourquoi veux-t-il être en privé avec elle ?
Elle nous offrit une table dans un coin tranquille du restaurant, d'où
personne ne pouvait nous voir - voir les réactions de Bella quoi que je puisse
lui dire. Je ne savais pas du tout ce qu'elle attendait de moi ce soir. Ou ce que
je lui dirai.
Qu'avait-elle deviné ? Quelle explication s'était-elle fabriquée pour les
événements de ce soir ?
- Ca vous va ?, demanda l'hôtesse.
- Parfait, lui répondais-je, légèrement agacé par le ressentiment qu'elle
avait envers Bella, je lui fis un grand sourire, toutes dents dehors. Pour qu'elle
voit qui j'étais.
Wow. Euh... la serveuse sera là dans une minute. Il ne peux pas être réel, je
dois être en train de dormir. Peut-être qu'elle va disparaître... peut-être que je
devrais lui écrire mon numéro de téléphone directement dans le plat, avec du
ketchup... Elle s'éloigna, continuant de chercher un moyen.
Bizarre. Bella n'était toujours pas effrayée. Je me souvint soudainement
d'Emmett, se moquant de moi à la cafétéria, voilà déjà plusieurs semaines. "Je
parie que j'aurais pu l'effrayer plus facilement que toi".
Est-ce-que je perdais mon talent ?
- Tu devrais arrêter de faire ça aux gens. Bella interrompit mes pensées
d'un ton désapprobateur. Ce n'est pas du jeu.
Je fixai son expression critique. Que voulait-elle dire ? Je n'avais pas
effrayé l'hôtesse, malgré mes intentions.
- Faire quoi ?
- Les éblouir ainsi. A l'heure qu'il est, elle est en train de suffoquer dans les
cuisines.
Hmm. Bella avait presque tout juste. L'hôtesse était à moitié cohérente en
ce moment, me décrivant à une des ses collègues. Elle avait tout faux.
- Oh, s'il te plaît, me secoua Bella tandis que je ne répondais pas
immédiatement, tu es quand même conscient de l'effet que tu produis !
- J'éblouis les gens, moi ? C'était un moyen intéressant de le décrire. Assez
juste pour ce soir. Je me demandais quelle différence...
- Tu n'as pas remarqué ?, demanda-t-elle toujours critique. Tu crois donc
que tout le monde obtient ce qu'il veut aussi facilement que toi ?
- Est-ce que je t'éblouis ? Ma voix se fit curieuse instantanément, et les
mots sortirent, c'était trop tard pour revenir en arrière.
Mais avant que je n'ai pas eu le temps de regretter trop profondément mes
mots, elle répondit.
- Fréquemment. Et ses joues devinrent immédiatement roses.
Je l'éblouissais.
Mon coeur sans battement se remplit d'espoir comme jamais auparavant.
- Bonjour, lança la serveuse, se présentant. Ses pensées étaient bruyantes, et
plus explicites que celles de l'hôtesse, je l'effaçais. J'admirai le visage de
Bella au lieu de l'écouter, regardant le flux sanguin s'étendre sous sa peau, ne
remarquant pas à quel point cela avait enflammé ma gorge, mais plutôt
comme cela illuminait son visage, comment cela effaçait son teint blanchâtre.
La serveuse attendait quelque chose de moi. Ah, elle voulait ma
commande de boissons. Je continuais à fixer Bella, et la serveuse se tourna
vers elle, presque irritée.
- Un Coca, dit Bella, presque en quête d'approbation.
- Mettez en deux, repris-je. La soif - la soif humaine - était un signe de
choc. J'allais m'assurer qu'elle ait le sucre du soda dans son système.
Elle avait l'air d'être en forme pourtant. Plus qu'en forme. Radieuse.
- Quoi ?, dit-t-elle - se demandant sûrement pourquoi je la fixait. Je n'avais
pas réalisé que la serveuse était partie.
- Comment te vas-tu ?, demandai-je.
Elle cligna des yeux, surprise par ma question. - Bien.
- Tu ne te sens pas étourdie, nauséeuse, glacée... ?
Elle semblait encore plus perdue maintenant. - Je devrais ?
- Je guette les effets du contrecoup. Je lui souris a moitié, attendant qu'elle
me contredise. Elle ne voudrait pas que je m'occupe d'elle.
Cela lui prit une minute de me répondre. Ses yeux ne semblaient pas
concentrés. Parfois, elle prenait cet air, quand je lui souriais. Etait-elle...
éblouie ?
J'aurais aimé le croire.
- Je ne crois pas qu'il aura lieu. J'ai toujours été très douée pour réprimer les
choses déplaisantes.
Avait-elle enduré beaucoup de choses déplaisantes ? Sa vie était elle
toujours aussi dangereuse ?
- Quand bien même, lui dis-je. Je serai plus à l'aise lorsque tu auras avalé
quelque chose.
La serveuse revint avec les deux cocas et une corbeille de pain. Elle les mit
en face de moi, et me demanda ce que j'avais choisi, essayant de capter mon
regard. Je lui indiquait qu'elle ferait mieux de demander à Bella, puis
m'obligeai à éteindre ses pensées. Elle avait un esprit très vulgaire.
- Euh..., Bella jeta un coup d'oeil rapide au menu, les raviolis aux
champignons.
La serveuse se tourna vers moi pleine d'espoir. - Et Monsieur ?
- Rien pour moi, merci.
Bella prit une expression insultée. Hmm. Elle devait avoir remarqué que je
ne mangeais jamais rien. Elle remarquait tout. J'oubliais toujours de faire
attention avec elle.
J'attendait que nous soyons seuls.
- Bois, insistai-je.
Je fus surpris qu'elle s'exécute immédiatement sans aucune objection. Elle
but jusqu'à ce que le verre soit complètement vide, donc, je lui tendis le
second coca, elle fronça légèrement les sourcils. Soif ou choc ?
Elle but encore un peu, puis trembla légèrement.
- Tu as froid ?
- C'est le Coca, dit-elle tremblant de nouveau, ses lèvres bougèrent
lentement comme si elle allait se mettre à claquer des dents.
Le jolie blouson qu'elle portait semblait trop fin pour la réchauffer
convenablement ; il la moulait comme une seconde peau, presque aussi
fragile que la première. Elle était si fragile, si mortelle.
- Tu n'as pas pris de veste ?
- Si. Elle regarda autour d'elle, un peu perplexe.
- Oh, je l'ai oubliée dans la voiture de Jessica.
J'enlevai mon blouson, espérant qu'il ne serait pas trop froid, à cause de la
température de mon corps. Cela aura été bien de pouvoir lui offrir un manteau
chaud. Elle me fixa, les joues devenant rouges à nouveaux. Que pensait-elle
maintenant ?
Je lui tendis la veste au dessus de la table, elle l'enfila, puis trembla de
nouveau.
Oui, ce serait vraiment bien d'être chaud.
- Merci, dit-elle. Elle prit une profonde inspiration, puis repoussa les
manches trop longues pour libérer ses mains. Elle reprit une longue
inspiration.
Est-ce qu'elle se sentait à l'aise ? Sa couleur était toujours la bonne ; sa
peau était crème, légèrement rosée en contraste avec le bleu foncé de son tshirt.
- Cette couleur sied à merveille à ton teint, la complimentai-je. J'étais juste
honnête.
Elle piqua un fard, augmentant l'effet.
Elle avait l'air en forme, mais il n'y avait pas besoin de prendre de risque.
Je poussais le panier de pain dans sa direction.
- Vraiment, objecta-t-elle, devinant mes motivations, je t'assure que je ne
suis pas sous le choc.
- Tu devrais. N'importe quel être normalement constitué le serait. Tu n'as
même pas l'air ébranlée.
Je lui donnait un regard désapprobateur, me demandant pourquoi elle ne
pouvait pas être normale, puis si je voulais vraiment qu'elle le soit.
- Je me sens très en sécurité avec toi, dit-elle, ses yeux une nouvelle fois
emplis de confiance. Une confiance que je ne méritais pas.
Tous ses réflexes étaient faussés - inversés. C'était sûrement le problème.
Elle ne reconnaissait pas le danger comme les autres humains. Elle avait les
réactions opposées. Au lieu de courir, elle s'attardait, attirée par ce qui aurait
dû l'effrayer...
Comment pouvais-je la protéger de moi-même quand aucun de nous deux
ne le voulait ?
- Cela devient plus compliqué que je ne l'avais prévu, murmurai-je.
Je pouvais voir mes mots tourner dans son esprits, et je me demandai ce
qu'elle en pensait. Elle prit un gressin et commença à le manger concentrée
sur la situation. Elle mâcha pendant un moment, puis pencha la tête sur le côté
pensive.
- D'habitude, tu es de meilleure humeur quand tes yeux sont aussi clairs, dit
elle nonchalamment.
Son sens de l'observation implacable me stupéfia.
- Pardon ?
- Je me suis aperçue que plus tes yeux étaient sombres, plus tu étais
maussade. D'ailleurs, j'ai une théorie à ce sujet, ajouta-elle légère.
Donc elle avait sa propre explication. Evidemment. Je sentis un torrent de
d'appréhension m'envahir en me demandant à quel point elle s'approchait de
la vérité.
- Encore une ?
- Hmm-hm. Elle mâcha un autre bout, complètement nonchalante. Comme
si elle n'était pas en train de discuter des caractéristiques d'un monstre avec le
monstre lui-même.
- J'espère que tu seras plus créative, cette fois... Je me décontractais
puisqu'elle ne répondit pas. J'espérais vraiment qu'elle se trompait. A moins
que tu ne l'aies empruntée à d'autres BD ?
- Non, dit-elle, un peu embarrassée. Mais ce n'est pas moi qui l'ai trouvée.
- Et ?, demandai-je les dents serrées.
Nous ne parlerions certainement pas aussi calmement si elle était sur le
point de crier.
Alors qu'elle hésitait, se mordant les lèvres, la serveuse réapparut avec le
plat de Bella. Je ne prêtais aucune attention à la serveuse, tandis qu'elle
déposait le plat devant Bella, me demandant si je voulais quelque chose.
Je déclinais, demandant un autre Coca. La serveuse n'avait pas remarqué
les verres vides, elle les pris, et partit.
- Alors, cette théorie ?, l'encourageai-je anxieusement, dés que nous nous
retrouvâmes seuls.
- Je t'en parlerai dans la voiture, dit-elle à voix basse. Ah, c'était mauvais
pour moi. Elle ne voulait pas partager ses suppositions devant tout le monde.
Seulement si... ajouta-t-elle soudainement.
- Des conditions ? J'étais tellement tendu, j'avais presque aboyé les mots.
- C'est que j'ai quelques questions, bien sûr.
- Bien sûr, j'acquiesçais, la voix dure.
Ses questions suffiraient sûrement à me dire où ses pensées l'amenaient.
Mais y répondrai-je ? Avec des mensonges ? Ou l'éconduirai-je avec la
vérité ? Ou ne lui dirai-je rien du tout, incapable de choisir ?
Nous restâmes assis en silence, tandis que que la serveuse nous resservait
du Coca.
- Très bien, vas-y !, dis-je, les mâchoires serrées, quand elle commença.
- Que fais-tu à Port Angeles ?
C'était une question trop facile - pour elle. Ca ne prouverait rien, tandis que
ma réponse, si je lui disais la vérité, donnerait trop d'indices. Il fallait qu'elle
révèle quelque chose en premier.
- Question suivante, dis-je.
- Mais c'était la plus facile !
- Suivante, répétais-je.
Elle était frustrée par mon refus. Elle détourna son regard vers son assiette.
Doucement, réfléchissant, elle prit un ravioli, et le mâcha, concentrée. Elle
l'avala avec un peu de Coca, puis me regarda de nouveau. Ses yeux pleins de
suspicion.
- Très bien, dit-elle, admettons, et ce n'est qu'une hypothèse, que...
quelqu'un sache lire dans les pensées des gens... à quelques exceptions près.
Ca aurait pu être pire.
Ca expliquait ce sourire dans la voiture. Elle était rapide - personne d'autre
n'avais jamais deviné cela sur moi. Excepté Carlisle, et ça avait été plutôt
évident, au début, quand je répondais à ses pensées comme si il les avaient
formulées à voix haute. Il avait compris avant moi...
Cette question n'était pas si mal. Puisqu'elle savait que quelque chose
clochait chez moi, ce n'était pas aussi grave que le reste. Lire les pensées
n'était après tout, pas une caractéristique normale chez un vampire. Je la
suivit dans ses hypothèses.
- A une exception près, corrigeai-je. Théoriquement.
Elle refoula un sourire - mon élan d'honnêteté lui plaisait.
- A une exception près. Comment ça marche ? Quelles sont les limites ?
Comment ce... quelqu'un... parviendrait-il à deviner où une personne se trouve
à un moment précis ? Comment saurait-il qu'elle a des ennuis ?
- Théoriquement ?
- Oui. Ses lèvres se tordirent, et ses yeux marrons étaient emplis d'intérêt.
- Eh bien, hésitais-je, si ce... quelqu'un...
- Appelons-le Joe, suggéra-t-elle.
Je ne pouvais pas m'empêcher de sourire devant son enthousiasme. Pensaitelle
vraiment que la vérité serait une bonne chose ? Si mes secrets ne la
révulsaient pas, pourquoi les lui cacher ?
- Va pour Joe, acquiesçais-je. Si Joe avait été plus attentif, le timing n'aurait
pas été aussi serré. Je remuai la tête, réprimant un tremblement à l'idée de
combien j'avais été près de la perdre aujourd'hui. Il n'y a que toi pour t'attirer
des problèmes dans une aussi petite ville. Tu aurais ruiné leurs statistiques sur
la délinquance pour dix ans, tu sais.
Sa bouche se transforma en grimace.
- Nous parlons d'un cas hypothétique.
Je rigolai de son irritation.
Ses lèvres, sa peau... avaient l'air si douces. Je voulais les toucher. Je
voulais passer mes doigts à la commissure de ses lèvres, les transformant en
sourire.
- En effet, dis-je, revenant à la conversation avant de me déprimer avec mes
pensées. T'appellerons-nous Jane ?
Elle se pencha vers moi au dessus de la table, toute trace d'humour ou
d'irritation ayant disparu de ses yeux.
- Comment as-tu su ?, demanda-elle, la voix basse mais intense.
Devais-je lui dire la vérité ? Et si c'était le cas, dans quelle mesure ?
Je voulais la lui dire. Je voulais mériter la confiance que je voyais sur son
visage.
- Tu peux avoir confiance en moi, murmura-t-elle, une de ses mains
s'avançant pour toucher la mienne, restée sur la table vide devant moi.
Je la retirai, détestant penser à sa réaction au contact de mes doigts dur
comme la pierre, et si froids - elle fit de même de son côté.
Je savais que pouvais lui faire confiance pour protéger mes secrets ; elle était
totalement digne de confiance. Mais je n'étais pas sûr que ces secrets ne
l'horrifieraient pas. Elle devrait être horrifiée. La vérité était horrible.
- Je ne suis pas sûr d'avoir encore le choix, murmurai-je. Je me souviens
que je m'étais moquée d'elle une fois, la traitant de mauvaise observatrice.
L'offensant, si j'avais jugé ses expressions correctement. Eh bien, je pouvais
me faire pardonner désormais. Je me suis trompé. Tu es beaucoup plus
observatrice que je ne le pensais. 


26-05-2010 | 152 vues

Partager


Poster un commentaire
Merci de recopier le nombre de gauche dans la case ci-dessous (Pourquoi?)

Liens

Voir les articles de la catégorie " midnightsun "
Imprimer cet article


Recommander ce blog | Contacter l'auteur | Reporter un abus | S'abonner au blog Flux RSS du blog | Espace de gestion | Annuaire des blogs

Créer un blog gratuit avec Blog4ever